Backstage Beauté

Passer à l’international depuis l’Afrique, sans raccourcis

Codou Diop

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 48:29

Construire une marque beauté capable de s’imposer à l’international depuis l’Afrique, ce n’est pas seulement une question de “bon produit”. C’est une question de vision, de structuration, de finances, d’exécution… et de résilience.

Dans cet épisode de Backstage Beauté, je reçois Victorine Sarr, CEO & fondatrice de Lyvv Cosmetics (marque pensée pour les peaux riches en mélanine) et de sa ligne skincare Lyvv Skin. Ancienne pro du marketing, Victorine partage sans filtre ce que ça prend concrètement pour construire une marque qui dure, et qui passe à l’échelle.

On parle :

  • de la transition corporate → entrepreneuriat, et pourquoi l’équipe est le premier vrai challenge
  • de son premier hire (PR) et comment la crédibilité se construit dès le départ
  • de la vision “melanin-first”, du colorisme et de la mission derrière la marque
  • de la fabrication : de la production hors du continent à la fabrication au Ghana, jusqu’à l’ouverture de leur propre laboratoire
  • de la réalité financière : bootstrapping, maîtrise des coûts, et l’importance de connaître ses chiffres
  • de l’impact du programme Goldman Sachs 10,000 Women sur sa gestion de la croissance
  • de l’exposition médiatique (TV5 Monde – Les Nouveaux Boss) et comment la convertir en opportunités business
  • du lancement sur Amazon USA : six mois de process, la paperasse, la banque, la supply chain… et les standards à respecter

Un échange ultra concret sur la croissance, l’exécution, et ce que ça signifie de “level up” en tant que marque africaine.

Si l’épisode t’a apporté de la valeur : abonne-toi, laisse un avis, et partage autour de toi, c’est ce qui fait vivre ces conversations sur le business de la beauté.

🌍 Suivez Backstage Beauté

🎙️ Instagram

https://instagram.com/backstagebeautepodcast

🎵 TikTok

https://tiktok.com/@backstagebeautepodcast

💼 LinkedIn

https://linkedin.com/company/backstage-beauté-podcast

▶️ YouTube

https://www.youtube.com/@BackstageBeautePodcast

🌐 Site & plateformes d’écoute

https://backstagebeautepodcast.buzzsprout.com

Construire une marque de beauté capable de s'imposer à l'international depuis l'Afrique demande bien plus qu'un bon produit. Cela demande une vision claire, une vraie maîtrise du business, une capacité à structurer, à financer la croissance et à tenir dans la durée. Dans Backstage Beauté, on s'intéresse à ce qui se passe réellement en coulisses, les décisions stratégiques, les choix financiers, les moments de doute et ce que ça prend concrètement pour bâtir une marque qui passe à l'échelle. Mon invité du jour incarne parfaitement cette trajectoire. Elle est la fondatrice de Liv Cosmetics, une marque pensée pour les peaux riches en mélanine, avec une ambition résolument internationale. 
Ancienne professionnelle du marketing, elle a su transformer son expertise en une marque aujourd'hui distribuée aux États-Unis, notamment via Amazon. Elle a également été révélée au grand public à travers l'émission Les Nouveaux Bots sur TV5 Monde. a été sélectionnée comme Goldman Sachs 10,000 Women Growth Fellow et reconnue sur Leading Ladies Africa parmi les femmes africaines qui transforment l'industrie de la beauté. Et pour celles et ceux qui me suivent depuis longtemps, Victorine n'est pas une inconnue, elle était déjà passée sur Digging Le Diaspora. Aujourd'hui, on se retrouve dans un nouveau format pour parler business, croissance et vision. 
Victorine Sarr, eh ou wa? Bienvenue dans Backstage Beauté. Je suis très heureuse de te recevoir à nouveau. 
Oui, merci beaucoup, Codoo. C'est un plaisir d'être ici avec toi. 
Alors, on s'est déjà parlé sur Digging ou Diaspora, mon premier podcast. 
Oui, en effet. 
Avec le recul, comment décrirais-tu ton évolution depuis cette première conversation qui date, je pense, d'il y a à peu près trois ans, quelque chose comme ça? 
Oui, trois, quatre ans. Quatre ans, quatre ans. 
Est-ce que j'avais lancé Leafskin? Non. Pas encore? 
Non, je pense pas encore. 
Oui, Leafskin est arrivé après ça. 
Après ça, oui. On a touché un tout petit peu sur ça. Donc oui, pas mal de changements. Depuis lors, on a lancé Leafskin. Diversification dans le skin care. 
Et oui, on s'est développé vachement au Ghana, puisque c'est là-bas qu'on avait lancé d'abord. on a construit une communauté au Ghana, on a lancé un podcast aussi. Et maintenant Amazon depuis deux mois maintenant. 
Depuis deux mois, ce qui est big parce qu'Amazon quand même c'est devenu En tout cas, je ne sais pas dans les autres marchés, mais aux États-Unis, c'est le premier channel qui marche, qui amène beaucoup de revenus à des marques comme Liv, à des grosses marques aussi. 
Toutes les marques qui sont, toutes les marques de beauté. 
Beaucoup de potentiel. Alors, ton parcours, avant qu'on digue un peu plus dans Amazon, ton parcours dans le marketing international t'a donné une longueur d'avance, parce que le marketing compte beaucoup. À quel moment tu as décidé d'appliquer cette expertise que tu as dans le marketing, dans ton propre projet, qu'élive? 
Je dirais depuis le début, en fait, parce que la vision, ça se bâtit dès le départ. On dit toujours, start something, start small, start somewhere. 
Et même si quand tu démarres, ce n'est pas exactement ce que tu veux, mais il faut toujours avoir en tête là où tu veux être. 
Tu veux être. 
Voilà. Et je pense que quand on a toujours ça en tête, même si on se perd un peu, On revient. 
On revient toujours. 
On revient toujours. 
Je pense que je l'ai eu depuis le départ. 
Depuis le départ. Et tu disais « start small », mais commence quelque part, mais commence petit. C'est vrai qu'on a souvent tendance, quand on est perfectionniste, où on peut juste penser qu'il faut en fait que l'idée soit parfaite avant de 
se lancer. C'est quoi l'expression qui dit « le bien c'est l'ennemi du meilleur »? Quelque chose comme ça. Oui, c'est quelque chose comme ça pour dire quand tu es perfectionniste justement, Tu finis 
par ne pas faire. 
Par ne pas réaliser ce 
que 
tu voulais réaliser. Exactement. Tu peux commencer petit, tu peux commencer par un seul produit et puis par faire la chose 
pour 
arriver au final. Exactement. Parce qu'après, tu prends beaucoup de temps à perfectionner quelque chose et puis après peut-être que tu as 
raté ton window d'opportunité. 
Et tu apprends dans le 
cheminement beaucoup de choses. Beaucoup de choses, c'est sûr, c'est sûr. Qu'est-ce qui t'a le plus surprise en passant par en passant du corporate à l'entrepreneuriat. Je suis sûre qu'il y a eu beaucoup de surprises, mais qu'est-ce qui 
a été le plus... Je dirais, la première surprise, c'est à quel point c'est dur 
de construire une équipe. 
Trouver les bonnes personnes. Les bonnes personnes avec lesquelles travailler. 
Les personnes, parce qu'au fait, tu peux avoir la meilleure idée du monde si tu n'arrives pas à fédérer les gens autour 
de ton idée. Zéro. Zéro, oui. 
L'équipe est très importante. 
Oui, parce que ça démarre là. Si t'as personne pour croire en ton idée, où tu vas? Personne ne va croire en ton produit pour l'acheter. Personne ne va investir. Tu n'auras rien, en fait. 
Donc, c'est là le premier challenge. C'est fédérer les gens 
autour de ton idée. Et quel a été ton premier hire, quand tu parles d'équipe? Parce que quand tu commences, par exemple, Tu commences petit, tu crées ta marque. 
Souvent, tu es toute seule. Si tu n'as pas un énorme budget, c'est toi. Après, quand tu es lancée, je pense que ça ne doit pas être facile de se dire quelle est la première personne que je vais embaucher. Est-ce que je vais embaucher une personne qui va s'occuper des finances? Est-ce que ce sera marketing? 
Quelle a été 
ta première embauche, toi? Coucou à Anna, Anna 
Touré. Anna Touré, PR. 
Ah, 
PR. Oui, oui, oui. She's my girl. On a commencé ensemble. 
Elle aussi, je pense, elle avait déjà commencé son agence. Et puis, on a vraiment bien bossé ensemble. Ça m'a propulsé, je pense. C'était mon premier hire. Donc, tous les petits sous que j'avais… C'était dépensé en PR et communication. 
Voilà, c'était dépensé en PR parce qu'on voulait… On voulait être connu pour une marque crédible, connu pour l'efficacité de ses produits, la qualité de ses produits. Et comment faire ça? C'est d'être connu par les professionnels. On voulait commencer de cette façon-là. Pour moi, c'était l'une des meilleures 
décisions que j'ai prises. D'accord, ça a du sens. Alors, Liv est une marque pensée pour les peaux riches en mélanine. D'où vient ce positionnement? Et pourquoi c'était indispensable, selon toi, de positionner la marque comme une marque qui est faite first pour les 
peaux noires et métissées? Je ne peux pas parler de ça sans pour autant commencer par mon histoire personnelle, étant de couleur foncée. Peut-être beaucoup de gens pourraient penser que c'est quelque chose d'assez négatif, ou peut-être baser que je suis sénégalaise, qu'au Sénégal, il y a beaucoup de femmes noires comme moi, oui, mais l'envers du décor, c'est que comment on est traité? 
C'est une autre chose. Le 
colorisme, c'est autre chose. Le 
colorisme, on en parle. Dans notre petit pays, j'en parlais... Je t'interromps. 
J'en parlais l'autre jour sur ma story Instagram, parce que j'avais vu une dame dire... Bon, on va le dire en Wolof, même s'il n'a pas de casset en français. Au période bobo, de rien 
n'allait. Moi, nul couc. 
Qu'est-ce que tu veux? Après, j'ai dit, mais attends. Non, mais tu 
vois... Tout est 
négatif. Tout est négatif. Nul couc, nul couc. genre c'est lié à tu es fatiguée. Non, moi si je devais choisir, j'allais être noire, 
bleue comme les 
soudanaises. Mais oui, regarde. Donc c'est vrai que le colorisme, je ne sais pas comment on va 
y arriver 
ce combat-là. C'est dur. On va instaurer ça, que les gens soient vraiment 
fiers d'être dark skin. Mais bien dans ta peau, bien dans ta peau. 
C'est un vrai problème. Donc pour moi, Liv, C'est beaucoup plus que... C'est un combat personnel. C'est un combat personnel. Et je veux que les petites filles qui nous regardent, les jeunes femmes, prennent confiance en elles-mêmes. 
Pas besoin de changer 
ta couleur de peau. 
Pour qui? Pour qui? Il faut t'aimer toi-même. 
Si tu ne t'aimes pas, si tu ne t'aimes 
pas, personne ne t'aimera. Absolument. Absolument. Tu as tout à fait raison. 
Et franchement, je trouve qu'il n'y a pas plus beau... Comment 
dit-je? My own 
horn. 
We are biased. Il n'y a pas plus beau que dark skin. Attends, donc pourquoi tu veux te fatiguer à faire tout pour effacer ça? Donc derrière, c'était 
l'ode à, you know... 
C'est vraiment, je fais un peu du militantisme là, à travers les livres. C'est ça vraiment ce que je veux changer dans la perspective des gens. changer cette idée 
de la peau noire. Je voulais te demander, on sait qu'au Sénégal, c'est quand même très répandu. 
C'est ce qu'on nous montre à la télé. Malheureusement, dans les séries télévisées, je veux dire, ce n'est pas pour juger, les gens font ce qu'ils veulent de leur peau, de leur vie, mais je trouve qu'on ne nous montre pas assez d'exemples de femmes noires, naturellement noires, qui ne se sont pas dépigmentées la peau. 
les actrices principales, c'est toujours la plupart du temps. Quoique ça commence à changer. Ça commence à changer. Je pense que le premier show qui m'avait marqué où c'était 
vraiment divers, c'était Karma. 
Oui, Karma, il y avait 
le groupe des filles. Voilà, elles étaient naturellement... Je trouve qu'on peut mettre en avant tout le monde, mais c'est important de donner... cette image-là aux petites filles qui peuvent se voir, qui peuvent s'identifier. 
Et donc, je me demandais si au Ghana c'était aussi répandu le fait de se dépigmenter. Pas aussi répandu que au Sénégal. Je pense pas que ce soit 
aussi répandu qu'au Sénégal. Non, le Ghana ne fait même pas partie des pays dans ce fléau. 
Tu sais, il y a le 
top 5 des pays. Je pense qu'on doit être 1 ou 
2. On est où? 
Je pense qu'on 
est numéro 3 là. Congo 
doit être 
devant nous. 
Congo, Nigeria. Et 
Sénégal, on est là-bas. 
Sénégal, on est là-bas. C'est sûr, c'est sûr, c'est sûr. 
C'est sûr. Bon, on va y arriver. On va 
y arriver 
un jour. 
On espère. On espère. Quel manque tu avais précis, tu avais identifié dans l'offre beauté qui existait sur le marché au moment de 
lancer ta marque Liv? Déjà, on rentre sur nos dix ans. 
L'année prochaine, ça va être nos dix ans. Donc, il y a neuf ans déjà, on voyait que 
l'offre était très limitée. En Afrique, 
en tout cas, oui. 
L'offre est limitée et 
elle n'est pas adaptée. 
à nos peaux. Voilà. Donc il y a beaucoup de produits en fait qui marchent quand tu es en Europe ou en Amérique, mais en fait quand tu les utilises sur le continent, ça te donne... 
c'est tout autre. Et donc voilà, c'est ce besoin-là d'avoir des produits qui nous ressemblent, qui nous parlent, qui sont 
adaptés à notre climat. Tout à fait, tout à fait. Alors, Liv rebondit des formulations naturelles et efficaces. 
Comment est-ce que tu arbitres entre et la performance des produits, 
les exigences 
réglementaires? Ouf! Deep 
question. Ça, c'est dur. Alors, on a eu un cheminement assez complexe avec Liv. Au départ, ma vision, ça a toujours été de fabriquer sur le continent. Ça, c'est un challenge. 
On en avait discuté lors de ton premier podcast. Moi, naïve comme j'étais, je me suis dit que j'allais fabriquer mon maquillage en Afrique. La désillusion quand j'ai démarré. Ce n'était pas possible. Du temps, personne ne le faisait même. 
Et donc j'ai dit « waouh, je veux vraiment faire quand même ». Et je ne me suis pas laissée décourager, donc j'ai quand même au départ, je pense, les trois premières années, trois, 
quatre premières années, on a 
fait… Tu as produit en 
Afrique? 
On 
a produit en Amérique. Ah ok. Oui, les premières années. Mais toujours avec nos ingrédients, nos formulations. 
C'est juste 
quand Covid est rentré, en 2020. 
Ah ouais, ça a tout chamboulé. Voilà, ça a tout chamboulé. Je pensais que c'était le boost dont j'avais besoin, bizarrement, pour me dire qu'en fait, c'est possible. 
Donc, on a commencé 
à fabriquer 
au Ghana en 2020. Et jusqu'au... Voilà, 2020. 
Et même en 2020, ce n'était pas notre propre laboratoire. 
On sous-traitait dans un autre laboratoire. Oui, 
parce que ça prend beaucoup d'infrastructures. Et vu qu'on a toujours voulu la qualité, bien faire les choses et qu'on n'avait pas encore tout ce qu'il fallait pour, Il y avait d'autres personnes qui pouvaient nous aider à accomplir ce rêve, donc on a fait ça. 
Et donc, on a commencé LeafSkin comme ça, dans un laboratoire au Ghana. Pendant trois ans, il n'y a que l'année dernière 
qu'on 

ouvert notre propre laboratoire. 
Félicitations. Merci. Avec tes propres chimistes. Oui, propre chimiste, équipe de R&D, Research and Development, tout, tout, tout. Ça nous a pris 
trois ans pour construire ce laboratoire. Parlons un 
peu de Leaveskin maintenant, les produits. Oui. Alors, Leaveskin, on a démarré avec une gamme de deux produits. 
Donc, en fait, l'idée, le concept, ça a toujours été de proposer de dissuader un peu l'industrie de casser ses codes 
de Oui, huit, 
neuf, dix produits. Votine. Ten steps. 
Ten steps beauty. Votine coréen. You know. De casser 
un peu ces codes et dire... 
Coupable. Non, 
ça va, 
je suis devenue minimaliste. Minimaliste, oui. 
Mais avant, parce que c'était mon moment 
de détente, mais bon. Oui. Coupable. Voilà. 
Il y a plein de gens comme toi. Et casser ça un peu et de dire que c'est possible d'avoir une peau, une belle peau, une peau 
saine, 
avec beaucoup moins de produits. Absolument. 
Voilà, donc on a démarré la gamme avec deux produits, le cleanser, Biface Cleanser, et puis le Face Serum. Donc, qui sont des produits très versatiles et qui font « you get value for your money ». 
Ça fait beaucoup 
de choses en même temps. En même temps. 
Voilà. Donc, ça démarre avec deux produits. Et là, on a extend la gamme avec un autre produit. Donc, maintenant, c'est une gamme de trois produits. On a 
rajouté un masque, un masque exfoliant et nourrissant. OK, super, super. Alors quels ont été les plus grands défis dans la formulation de produits adaptés à des peaux souvent mal prises en compte dans l'industrie? Est-ce qu'il y a 
des challenges spécifiques à ce type de formulation? 
Absolument, parce que nous proposons des produits qui sont pour tout type de peau. Quand je dis tout type de peau, ça veut dire 
peau 
acné, peau sensible, peau sèche, peau oilée. Grasse. 
Grasse, peau grasse. Et les peaux mixtes. Donc, tout type de peau peut utiliser Leaf Skin et avoir un résultat qui marche. En tout cas, tu vois la différence sur ta peau. Et c'est difficile, en fait, en 
termes de formulation, de trouver le bon produit qui 
va marcher pour tous les types de peaux. Exactement. Puisqu'en général, c'est divisé quand même. Et ça nous a pris beaucoup, beaucoup, beaucoup de mois, pour ne pas dire un an, Je vais revenir plus tard sur la 
production. La production, 
oui. Beaucoup de temps, recherche. Ah oui, oui. 
Recherche. Et des tests, parce qu'avant de lancer... Bon, maintenant, on est un peu rodés, donc ça nous prend entre 3 
et 5 mois avant de lancer 
un produit. 
Les tests de stabilité, tout ça. Voilà, faisabilité, stabilité. Et puis au Ghana, on a 
un FBI, pareil qu'aux États-Unis, qui vient checker. Il serait temps qu'au Sénégal, on 
s'y mette, parce que tout le monde fait ses petits produits dans sa cuisine et puis commercialise. Au Ghana, c'est quand même très réglementé et ça nous aide à nous dépasser, toujours arriver à ce standard-là. 
Donc oui, c'est beaucoup, beaucoup de travail derrière. Quand tu parlais de type de peau, Ça me ramène au fait qu'au Sénégal, je sais pas si tu as remarqué, que quand les gens vendent leurs produits, quand c'est commercialisé, la façon dont ils font le marketing, je sais pas si tu as remarqué, teint marron, teint clair. Tu as remarqué? 
Je fais toujours des rappels dans les discussions. Non, c'est par type de peau, c'est vraiment pas… On fabrique 
vraiment pas des produits par couleur de peau. Par couleur de peau, voilà. Dites peau grasse, 
peau sèche. Mais pourquoi on parle de teint... Je pense qu'il doit y avoir un peu d'éducation parce qu'après, ça porte à confusion pour les gens qui ne sont pas trop éduqués par rapport à comment s'occuper de leur peau. Je pense que pour les marques, il y a aussi ce créneau éducation. Je pense qu'en tant que 
marque, ça peut aider à construire sa 
communauté. C'est vrai, ça me donne des idées. Construire sa communauté, ton petit groupe WhatsApp où ils vont joindre, ou ta communauté Instagram, comme ils font maintenant sur les pages Instagram, tu peux avoir ta petite communauté là où ils peuvent devenir membres. Donc c'est très important. 
Est-ce que pour toi, produire selon des standards internationaux, parce que tu vends à l'international, en étant une marque africaine, ça a été un frein pour la marque ou ça a été 
un levier pour la marque elle-même? Tu ris. Ça a été un gros frein. Plus un frein parce que c'est dommage et c'est justement ce pourquoi 
on se bat. Casser ces codes, cette 
perception. C'est cette perception qu'ils ont de l'Afrique. Cette perception de l'Afrique qui est mauvaise, négative, que rien de bon ne vient de l'Afrique. 
Rien de bon. Rien de qualité en tout cas. Rien de qualité. All made in Africa? 
Non, c'est pas bon. 
et même 
nous-mêmes, nous-mêmes. En tant que consommateur, on préfère. On préfère ce qui vient d'ailleurs. Donc, comment tu veux que la personne qui est assise à New York ou en Chine 
pense 
que ce que tu fabriques est bon? Comment? Donc, on se bat, on a des... Au-delà de l'entreprise et des produits, on se bat contre tellement 
de choses que les autres n'ont 
pas à... Ils n'ont pas ces mêmes challenges. 
Ils n'ont pas à faire face à ça. Ils n'ont certainement pas ces mêmes challenges et ils ont une longueur 
d'avance sur nous, que ce soit pour l'investissement. Pour tout. 
Fabrication, investissement, marketing, packaging et longueur d'avance surtout. Surtout, surtout, surtout, c'est 
clair. 
Je vais entrer dans ton business un peu, si tu veux. 
Un petit peu, si tu me le permets. Alors, comment, quand tu as lancé Liv, on sait que tu as lancé Make Up au départ. Comment tu as... Enfin, moi, je suis dans le processus. 
Je sais que de créer ma propre marque, je sais que lever des fonds, c'est... Comment on 
dit en français? La croix et la 
bagnole? 
C'est la croix et la bagnole, oui. Alors, comment tu as... Quelle route tu 
as prise pour financer Liv, toi, au départ? Au départ, alors il faut savoir qu'avant de lancer le livre, je travaillais, j'étais dans le corporate, comme on a mentionné tout à l'heure, et donc j'ai pu mettre beaucoup d'argent de côté. 
Et donc, c'est mes 
économies 
que j'ai commencées avec 
mon propre capital. Bootstrap. 
Bootstrap up to now. Jusqu'à maintenant. Tu as 
gardé, tu n'as donné aucune part à personne. Non, je détiens les 100% de mon business. 
Mais c'est en train de changer. C'est en train de changer. Mais oui, bootstrapping depuis le départ, mon propre capital, mes propres économies que j'ai investies dans la société. On a démarré avec deux rouges à lèvres. 
Du temps, c'était le bleu et le rouge. 
Je me 
rappelle qu'il y avait des couleurs très fines. Oui, très, très, très colorées, très pigmentées. Et oui, ça coûte cher. Comme tu le sais, ça coûte cher. 
Surtout qu'au départ, tu fais fabriquer. C'est du white labelling. Tu as des minimums de quantité. Tu as tout ça à gérer. Pour une marque qui est basée en Afrique, Après, tu as les coûts du shipping, les taxes, tout ce qu'il faut payer. 
C'est beaucoup. Donc, on va 
dire que j'ai mis toutes mes économies 
dedans. Dix ans après, on 
est encore là. Oui, c'était la bonne décision. Alors, à quel moment tu as compris que la structuration financière allait 
être clé pour la réussite de la marque? Depuis le 
départ. Depuis le départ, parce que... Parce que des fois, on arrive 
un peu... Moi, je suis arrivée un peu... 
Mais tu regardes les chiffres, tu as envie... Oui, oui! Tu es dedans, tu te dis, 
mais comment je vais faire pour m'en sortir? Quand le manufacturier te dit, ah, moi, tu dois m'acheter minimum 10 
000 pièces par produit, là, tu te dis... Seigneur, comment je vais m'en sortir? Et le lancement n'est même pas arrivé. Alors, attends, quand tu vas arriver 
au lancement, 
les prix que tu vas avoir... C'est incroyable. Et on fait face à 
des mastodontes de l'industrie. Et c'est 
pour 
ça. Qui ont des budgets, les 
L'Oréal. Voilà. 
Voilà, c'est pas les mêmes budgets. Exactement. Donc, les challenges, ça y va crescendo. Crescendo, crescendo. Donc, c'est important de maîtriser ses coûts, de comprendre 
ses coûts, de comprendre 
et de les maîtriser. De comprendre ça, oui. 
Et oui, c'est important de connaître ses chiffres. Et je pense qu'à notre niveau, à nous, en tout cas au Sénégal, Et certainement aussi dans les autres pays africains, c'est beaucoup dans l'informel, n'est-ce pas? 
Quand on regarde des gens qui sont dans la beauté et qui fabriquent leurs propres produits, bon, ce n'est pas les mêmes normes et tout. Mais c'est vrai qu'il faut vraiment s'y connaître 
en chiffres pour pouvoir faire des trucs simples. Tu vois, genre, comment tu planifies combien de produits tu dois fabriquer pour break-even 
pour au moins arriver à 
gagner de l'argent. Gagner un tout petit peu. 
Voilà, ça c'est des calculs qu'il faut 
faire. Les prix de ton produit et tout. 
Voilà, combien il t'a coûté, à combien tu dois le vendre pour que tu puisses au moins vivre ou au moins réinvestir dans la 
société, voilà. Ça c'est des calculs à 
faire. Et si tu n'es pas 
experte dedans, trouver quelqu'un qui peut... Embauche quelqu'un. Absolument, absolument. Ce qui me ramène au programme Goldman Sachs, 10,000 Women. Est-ce que ce programme-là a changé ta manière de penser 
la croissance de ta marque et aussi l'argent? Oui, absolument. Je me rappelle même quand je faisais l'application pour ça. C'était un des points focaux. J'avais dit que je voulais du... 
je voulais être coachée, alors que j'ai un MBA, j'ai fait une école de commerce et j'ai des bases, mais je savais que j'avais besoin de creuser encore plus pour maîtriser, pour en tout cas aller, pour amener l'IF Cosmetics encore plus haut, il fallait que je fasse un focus sur la gestion des finances. Et c'est ça que je leur avais demandé. Et je pense que c'est pour ça que j'avais été sélectionnée, parce qu'ils m'ont vraiment suivi par rapport aux, en tout cas, les finances des livres. Et ça, je 
pense que ça a 
été le pivotal moment. 
Qui t'a permis de… Voilà, de tout changer. Je ne sais pas s'il y a des programmes de ce genre à plus 
petite échelle 
ici qui vont accompagner les entrepreneurs. 
Au 
Sénégal? Oui, je ne sais pas, ce serait… Oui, ce serait bien de chercher. Là, je vois… Je ne sais pas si les Orange Corner, ils font ça. Il y a WIC Capital qui fait leur partie académie, donc WIC Académie. 
Donc il y a cette partie coaching. Mais bon, progressivement, les choses sont en 
train de se mettre en place. Ça arrive. Alors aujourd'hui, qu'est-ce qui, puisqu'on parle d'argent, qu'est-ce qui coûte le plus cher dans la gestion 
de l'IV? Tu me l'as dit, la production. Recherche et développement pour savoir déjà quels produits il faut faire, qu'est-ce qui est tendance, qu'est-ce qu'il faut, voilà. Et puis après ça, une fois que tu as trouvé, parce que ça c'est de l'argent pour savoir, une fois 
que tu as trouvé, fabriquer. 
Et combien fabriquer. Combien fabriquer. Le marketing aussi après, parce 
qu'il ne va pas se 
vendre tout seul. 
Oui, le marketing vient après. Parce que quand on regarde vraiment les 
marques qui ont les plus gros budgets marketing. 
C'est elles qui font le plus de 
revenus. 
C'est elles qui font le plus d'argent. Ouais. Qu'est-ce qu'on dit? Il y a 
aussi une expression qui dit qu'il faut dépenser. 
L'argent appelle l'argent. Il faut payer pour 
les publicités TikTok, les ads qu'ils 
vont mettre. Ils appellent ça « 
media planning ». Voilà. 
Ça aussi, c'est un 
gros budget. C'est un gros budget. 
C'est un gros budget. Et nous, jusqu'à là, c'est récemment qu'on regarde le media planning. Avant, c'était fait vraiment comme ça. Ce n'était pas planifié réellement. On faisait par rapport à des événements spécifiques. 
C'est là 
maintenant qu'on regarde sérieusement et on veut le faire planifier. En tout cas, quand je regarde moi en tant que consommatrice, tu sais, nos téléphones nous écoutent. Tu t'assoies, tu parles de, je ne sais pas, tu parles de lipgloss, tu vas ouvrir TikTok, tu vas ouvrir et puis tu vas voir les pubs. La plupart du temps, si je vois une pub cinq fois, six fois, à un moment donné, j'achète 
quelque chose. Donc, je pense que 
ça... Tout est planifié. Tu penses que c'est hasard donné. 
Mais il 
faut trouver les personnes qui 
sont vraiment capables de cibler. Ça, c'est aussi un truc. C'est ça, un challenge aussi, de vraiment cibler l'audience pour les pubs que tu vois sur les réseaux sociaux. 
On va parler un peu de... du show de Nouveau Boss. Alors, j'avais l'impression 
que c'était déjà sorti, mais ce n'est pas encore sorti. Si, ça a commencé. 
Deux épisodes sont out. Et donc là, pour le moment, ils montrent les sélections par pays. Donc, c'était quatre grands pôles. Il y avait le pôle de la Côte d'Ivoire, le pôle du Maroc, le pôle de la RDC pour l'Afrique centrale et le pôle du Benin. C'est là où je suis allée pitcher à Cotonou. 
Donc, je commence à apparaître 
dans deux épisodes. Donc sur TV5MONDE, que je n'ai 
pas. Ils sont sur YouTube aussi, tu peux 
les regarder. D'accord, je peux les regarder sur YouTube aussi. Alors qu'est-ce que… bon, ça vient de commencer, donc 
on ne peut pas dire 
qu'est-ce que ça t'a apporté. 
Bah si, ça m'a sauvé. 
Ok, ok, donc point de vue visibilité, tu penses que… Déjà, mon 
épisode 
n'est 
même pas out, 
j'ai déjà signé deux 
contrats. 
OK. OK. Partenariat. 
OK, super. Contrat, oui, de distribution. Distribution. OK, c'est super. C'est super. 
Et je ne sais pas comment ça se fait. Sûrement, les gens, ils parlent entre eux. Comme c'est TV5, c'est global. Ils ont dû 
voir que je 
faisais partie du show. Ils 
m'ont 
contactée. C'est 
super, ça. Et puis ça s'est 
fait. Félicitations. Merci. 
Félicitations. Donc, le meilleur reste à venir. Oui, absolument. Je 
crois que ça va être très positif pour les présenter. 
Pour la marque. For sure, for sure. 
Donc, tu as aussi été reconnue par Leading Ladies Africa. Une 
surprise d'ailleurs, 
je me 
suis réveillée, j'ai vu le truc. Au hasard. Au hasard. Est-ce que, bon, je ne connais pas 
l'organisme, mais je 
vois qu'ils sont quand même assez suivis. Oui, oui, oui. Je suppose que c'est une question qui est un peu évidente. Est-ce que ça renforce ta crédibilité auprès de partenaires ou d'investisseurs? 
À 
ton avis, tu penses que ça va ouvrir des portes? Je pense que quand c'est sorti l'année dernière, c'est drôle parce que l'annonce est sortie un jour après qu'on ait reçu un rejet. Ça allait être notre plus gros contrat de distribution au Ghana. Et on a bossé dessus pendant huit mois. 
On pensait que c'était bon acquis. Il y avait un accord tacite. Ils ont changé d'avis? Ils 
ont 
dit non. On avait fait des plans et tout. Wow. C'était vraiment dur pour l'équipe aussi qui avait travaillé du dessus. C'était un gros blow et on s'est dit, wow, qu'est-ce qu'on va faire? 
Et le lendemain, je me réveille, je vois ça. Et le même jour, je suis contactée 
par une marque du 
Nigeria qui veut bosser avec nous. Un autre distributeur. 
Oui. Mais 
tu vois, c'est pour ça qu'il ne faut jamais lâcher. Lâcher, oui. Il ne faut pas abandonner. 
Parce qu'en fait, tu peux juste être au... presque 
là où tu es. Et si tu arrêtes là, là. C'est fini, tu ne sauras jamais. 
Ça, c'était la grosse saison. Je suis sûre qu'il y en 
aura d'autres. Mais c'est ce que j'ai 
compris 
ce jour-là. C'est ce que ça t'a appris. Félicitations. Merci. Comment tu gères l'équilibre, vu que maintenant tu as plus une exposition médiatique. 
Comment tu 
gères l'équilibre entre exposition médiatique et construction solide du business. On peut se perdre facilement dans ça. C'est au départ, au tout début, quand on avait déjà nos premières petites annonces dans la presse. Au départ, c'était les premières années de livres. 
Je me suis perdue rapidement dans ça, tu vois, t'es excitée, tu vois, machin, tu reposes et tout. Et après, à un moment donné, après la fin du mois, je me 
disais, mais en fait, qu'est-ce que j'ai 
fait ce mois-ci? Il faut que ça se traduise en... 
En argent. Et ça ne se traduisait pas en argent. Je me dis, OK, il faut revoir les choses. Et après, j'ai compris qu'il fallait juste mettre des gens derrière. Donc aujourd'hui, j'ai une équipe et c'est des stagiaires qui sont toujours à l'école, PR, marketing, et qui cherchent de l'expérience, qui gèrent ce domaine-là. 
Donc, on a des alertes Google ou whatever, surtout, dès que ça tombe. Et voilà, on a un système où on voit on me dit, ouais, il y a ça, ça, ça, et puis je gère. Et moi, je me concentre sur comment on fait de l'argent. Donc, c'est le système qu'on a mis en place pour ne pas se laisser consommer par tout ça. C'est bien. 
Ça donne beaucoup de crédibilité, de reconnaissance. Ça, ça aide beaucoup. C'est une sorte de... de validation, que ce que tu fais, ce n'est pas quand même de la folie. Donc tout ça, c'est de bons éléments, 
mais il faut juste savoir utiliser ça à bon escient. C'est sûr, c'est sûr. Alors, on va revenir sur, on a brièvement parlé en intro, le lancement sur Amazon USA. Donc, lancer livre sur Amazon aux États-Unis est quand même un énorme cap. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire ce choix? 
Et pourquoi Amazon? Parce qu'il y a quand même d'autres canaux de distribution, d'autres plateformes. Alors, pour être honnête, Amazon, on a commencé à y penser qu'il y a... Cette année, début d'année, début d'année, je n'ai jamais eu dans le roadmap, ce n'était pas dans le roadmap. Ce n'était pas dessus, pour être honnête. 
Et puis, je commence à creuser, à faire des 
recherches, 
et je vois que c'est le numéro un. Absolument. Beauté. 
Toutes les marques, attends, livres et équipes par rapport à Clinique ou La Roche-Marseille, toutes les marques sont dessus. Donc pourquoi en fait, je ne regarde pas Amazon? Ok, donc je fais la recherche et tout. Et comme on dit, rien n'arrive jamais seul. 
Donc, j'étais sur 
une plateforme de Fifteen Pledge aux États-Unis. Ah oui, oui. Fifteen Pledge. Et je suis sur 
cette plateforme depuis quoi? 
Depuis trois ans. Et j'avais juste... 
Créé un profil dessus, mais je ne l'ai pas dessous. Voilà, donc je me dis, ok, je suis dessus, mais bon, il n'y a rien qui se passe, que ça va m'apporter vraiment. Et fin février, Je reçois un e-mail de Fifteen Pledge. 
Nous pensons à Liv 
pour une opportunité. Opportunité retail. This is 
the US market. 
Wow, donc c'est 
passé par 
Fifteen Pledge. Oui, c'est passé par Fifteen Pledge. Ok, ok. 
Et je dis wow, j'ai dû relire plusieurs fois. J'ai bien lu là. Wow, ok. J'ai vite répondu. Oh my God, yes, of course. 
On est intéressé. Oui. Et donc, le process commence à partir du début mars. Début mars ou parcours du combattant. Et c'est parce que là, on avait été recommandé par 
Fifteen Pledge qui a donné les livres cosmétiques à Amazon. Parce qu'ils font une sélection. Ce n'est pas tout 
le monde, toutes les marques qui peuvent vendre sur Amazon. Exactement. 
Et donc, ils ont fait remonter. Et c'est là que maintenant Amazon nous contacte. Donc, au moins, on nous a dédié toute une équipe. 
Elles sont combien les filles 
là? 
Cinq? Juste pour livre. Pour vous aider à démarrer. Tu vois, le process, toute la liste de papiers. Seigneur, les papiers, on en parle! 
Pour une marque africaine! Et j'ai pu comparer avec d'autres marques sur 
les États-Unis à qui on 
ne demande pas tout ça. C'est parce que c'est l'Afrique. 
C'est parce que c'est l'Afrique. Encore. Encore, encore, encore l'Afrique. Et donc de mars, on a lancé 
en août. 
Au septembre, septembre, on a lancé en septembre. Six mois. Quelles ont été les étapes les plus complexes, à ton avis? Tu as parlé de la paperasse. C'était 
le plus difficile ou est-ce qu'il y avait autre chose? Le plus difficile, c'est la paperasse. Ouvrir 
un compte bancaire en n'étant pas américaine. 
et pas résidente. Pas résidente, oui. Je pense que le 
problème, ce n'était pas la citoyenneté, c'est de ne pas... Résidence, oui, résidence. 
Et ça, ça m'a pris beaucoup, beaucoup de mois à figurer. On a trouvé une 
solution, mais 
ça nous a pris 
plus de trois mois. 
Ah oui. Oui, pour y arriver. Donc, il faut absolument avoir un compte bancaire aux 
États-Unis pour pouvoir vendre en tant que marque sur Amazon. 
Donc, bien sûr, il faut enregistrer 
la société aux États-Unis. Donc, tu as dû faire une… Oui, mais j'avais même fait, avant que Amazon n'arrive, 
j'avais enregistré la société en octobre de l'année dernière, 2024. 
Parce que tu avais fait un pop-up à New York. Oui, donc j'avais fait le pop-up en septembre. 
Et dès octobre, on a enregistré parce qu'on a vu le potentiel, 
c'était un succès et donc on a ouvert. C'est super. Comme quoi, 15% pledge. Moi, je ne savais même pas que des entreprises qui 
ne sont pas aux 
États-Unis peuvent s'inscrire sur le 
site. Ah oui, c'est possible. Moi, 
je ne savais pas. Faut 
juste 
que tu sois black-owned. Black-owned business. 
Ok, ok, ok. Wow. Alors, en termes d'organisation, qu'est-ce que ce lancement a changé pour 
toi et ton équipe? Je sais que c'est très récent. 
Oui, oui, mais ça a beaucoup changé. Ça a beaucoup changé en termes de... Et là, d'ailleurs, je pense que dès janvier, on va devoir embaucher un spécialiste de... Oh my God, supply chain, logistics, packaging. Parce que là, c'est un autre level. 
On est dans un autre level et il nous faut des experts. Il nous faut des experts en ça. Jusque-là, on pensait qu'on s'en sortait plutôt bien. Là, on voit pas mal de petits défauts qu'il faut revoir. Donc, on voit déjà les changements. 
Ça a tout bousculé parce qu'on produit beaucoup plus. On ship beaucoup plus et on fait encore plus gaffe. La première commande qu'on a shippé à Amazon, oh my God, les codes barres n'étaient pas bons. Il fallait, donc il y a des codes de GP, what's the name, G1, il y a une opération plutôt spécifique. Donc, ce n'est pas nouveau qu'on exporte depuis le début, mais exporter vers les États-Unis, c'est différent. 
Donc, on avait toute la liste, on était préparé, mais les barcodes, en fait, on pensait que c'était bon parce que dans la liste de FDA, on a comparé avec celle de FDA US, on avait tout, c'était bon, tout était bon. Jusqu'à ce que ça quitte, DHL prend, je me rappelle, DHL vient récupérer les produits, ça quitte le Ghana, ça 
arrive le premier warehouse, Je pense que c'était 
New Jersey. Il y a un problème de code bar. 
C'est un vôtre jeu. Donc j'appelle ma directrice des opérations, elle check rapidement. T'as un code au Ghana. On peut acheter ça au Ghana rapidement en ligne. On a fait ça en 
une journée. On a 
pu régler ça en une journée. En 
une journée, wow. 
Mais donc beaucoup de changements en 
interne. Donc tu disais que tu allais changer ton packaging. Oui, on va améliorer beaucoup de choses sur le packaging. Parce que la façon dont le produit a quitté, alors qu'on utilise DHL, la façon dont le produit a quitté le bureau et comment il 
est arrivé sur Amazon, ce n'était pas la même chose. Moi, j'ai aussi mon… Belle, c'est mon 
lip gloss préféré. Il n'y a pas 
eu de soucis. 
Il n'y a pas eu de 
soucis. Non, j'ai pas eu de problèmes avec ma commande. Mais 
oui, je pense à ce 
qui nous attend en janvier. 
Ça fait partie du challenge. Level up, c'est le jeu. Quand tu grow et puis après tu apprends. Pour le packaging, je sais que moi quand je regardais la Chine quand même, parce que les gens ils ont une idée de la 
Chine, en oubliant que la Chine a toutes les qualités. C'est ça, il faut juste 
savoir où aller. Il y 
a le luxe, les L'Oréal, 
il y a le luxe. Ils vont tous en Chine. Il y a le bas de gamme. Il y a une compagnie de packaging que je suis et je trouve que c'est tellement cute. Mais aussi, je 
regardais les différents événements où 
tu vas, comme Cosmoprof World. Oui, ils font différentes villes. À Bologne, où tu peux 
vraiment avoir tout le monde là-bas. 
Les fabricants, les packaging. Il y en a 
un qui arrive à Miami l'année prochaine, j'ai vu, février. Mais moi, je voulais aller à celui de World. En 
fait, Mais 
c'est quoi la 
région? Les prix des hôtels? C'est cher. 
Absolument. 
C'est horrible. Je ne sais même pas 
pourquoi, en fait. J'ai dit la Bologne, c'est une 
région... Mais même pas la Bologne, je ne comprends pas. C'est la conférence, en fait, qui fait que... En tout cas, c'était genre, tu ne 
pouvais 
rien avoir en dessous de 500 euros la nuit. Non. En tout cas, j'ai cherché parce que je voulais y aller. Je voulais juste voir surtout les ingrédients, les fournisseurs d'ingrédients. Parce que bon, après, moi perso, mes produits seront basés, seront à base de superfoods africains, quinquélibats et tout ça. 
Mais je cherche des gens qui vont, parce que bon, après tu as, je ne sais pas, si tu fais un produit avec du thar par exemple, ça ne va pas être du 
thar qui va aller dans ton produit. 
transformer en extraits. Donc je me disais que si je vais à Bologne, je peux chercher des gens et 
savoir si on peut faire 
des extraits. Mais c'est incroyable. 
Du coup, tes ingrédients là... 
Alors moi, le quinquilibre, 
c'est les extraits que tu trouves. Tu trouves les extraits. mais il y a d'autres fruits et d'autres plantes que je veux utiliser, mais qui ne sont pas disponibles sur le marché sous forme d'extraits. 
Donc, il faut que tu 
fasses toi-même tes extraits, donc il 
faut trouver les fournisseurs. Tu me diras, j'ai des contacts. Oui, et j'avais parlé à des gens, parce que quand même l'Université Cheikh Anta Diop et l'Université de Ziguinchor, ils ont des cursus de chimiste qui vont être dans le... 
On va en parler hors caméra, mais c'est un challenge aussi. Tu as dit que ça a été compliqué, il demande beaucoup de choses, mais est-ce que tu recommandes Amazon à une marque de beauté africaine aujourd'hui? Et sous quelles conditions? Qu'est-ce que tu dirais? OK, je 
recommande, mais… Assure-toi de faire ci, ça, ça, ça, ça. Amazon, c'est pas des lol là. C'est pas des lol. Donc, il faut être prêt. Il faut être prêt. 
Quand je 
dis prêt, c'est ton packaging, 
il doit être en top. aux normes des 
marques occidentales. 
Pour que ça entre dans le 
territoire américain. Ça va pas être du à peu près. Non, non, non. Ils vont même pas rigoler, ils vont voir le truc direct, ils vont te dire non, ma cocotte, ça va pas le faire. 
Donc, il faut être prêt. Il faut déjà, of course, il faut que ton produit 
soit bon. Il faut qu'il fasse ce que 
tu dis. 
Ce que tu dis. que tes produits font. Voilà. Il faut qu'ils soient au moins, je ne vais pas dire clean, au moins 
safe. 
Parce qu'aux États-Unis, on va te coller des procédures. 
Les Américains, il y a des choses qu'ils aiment 
faire. Ils vont au tribunal comme s'ils 
buvaient de l'eau. 
Ça, c'est amener les gens au tribunal. C'est tout. C'est pour ça que les avocats sont tellement riches. Donc oui, il faut être sûr de ce qui est dans ton produit. Est-ce qu'il est safe? 
Et avoir les sous, parce que ça coûte beaucoup d'argent. C'est sûr, c'est sûr. Alors maintenant, on va clôturer avec des questions un peu plus légères et un peu plus fun. Alors, ta routine personnelle skincare en trois étapes maximum? Parce que tout à l'heure, tu m'as dit Oui, c'est vite fait. 
Comme on dit, tu as une très belle peau. 
Alors, dis-nous, merci. Trois étapes maximum, qu'est-ce que tu fais? Bon, bien sûr, vous savez, je vais dire... Leave skin. 
La routine skin care la plus rapide et efficace du marché. Trois produits. Les deux vraiment que j'utilise le plus, c'est le cleanser et le sérum, 
puisque ces deux-là, c'est day and night, tous les jours. Tu peux 
utiliser dans tes deux outils, du matin et du soir. Voilà, matin et soir. Le même produit, le cleanser matin-soir, le sérum matin-soir. Donc, nettoyant. Le cleanser, c'est un nettoyant, démaquillant, cleanser et tout ça. 
Et après, le sérum pour hydrater et protéger la peau. Simple. Ça prend pas longtemps pour les gens qui ne 
passent pas 10 
ans à faire 
leur routine 
comme moi. Franchement, une minute. Super, c'est facile. C'est facile. 
C'est facile, c'est facile. 
Alors, le plus grand mythe skincare que tu aimerais déconstruire. Oh mon Dieu, c'est simple. C'est simple pour moi. Déconstruire que la peau 
claire est plus jolie que la peau noire. Tout simplement. Tout à fait, 
tu as raison. Tout à fait. 
On est là, hein? Mais regardez-nous, là! I'll be popping! 
Alors, un produit beauté que tu piquerais 
sans hésiter dans 
la salle de bain de quelqu'un d'autre. Ouh là 
là! 
Genre, si 
tu vois, tu dis 
ouh! Parfum. Parfum? 
Parfum. Je suis... Tu es fan de... Je pense que je dépense plus en... 
Alors, j'achète pas beaucoup d'habits, j'achète pas 
beaucoup de chaussures. Ça, c'est une fonction qui est chère. 
C'est très cher. Par tous les parfums de niche, là? Alors, tu ne saurais pas facilement 
aller 
à cette question, mais es-tu plutôt parfum de niche? Niche. OK. Ton meilleur parfum. 
Tu as 
une signature perfume ou on dit ça c'est mon parfum? Pas encore. Il y a quelqu'un que j'ai rencontré récemment qui dit 
qu'il 
veut me faire ça. Donc on va tester ça. OK. On va tester. Je n'ai pas encore essayé. 
Mais pour le moment, j'aime beaucoup. Il y a une 
marque franco-italienne que j'avais découvert dans un 
de mes vols. Tu vas partager ou tu vas gate-keep? 
Gate-keep. Gate-keep. Je ne veux pas faire la publicité, là. Tu veux pas que tout le monde sente comme toi? Ah, OK. 
Un parfum que tout le monde aime, que tu détestes. Par exemple, il y a des parfums que 
tout le monde aime et tu achètes, tu es 
déçue. Je suis pas folle de La vie est belle. 
Oh 
non. Avant j'aimais beaucoup, mais 
maintenant j'aime plus. J'ai gradué. 
Exactly. La vie est belle. Moi c'est Guidance de 
Amouage. Oh mon Dieu, Amouage ne me lance même pas. 
Guidance de Amouage, le premier semelle j'ai adoré. Mais après j'ai pas aimé. Par contre, ils ont fait 
Guidance 46, ça j'adore. C'est différent, donc il faut essayer. 
Je vais essayer, parce que je ne suis pas non plus folle de amouage. C'est très fort. Je n'aime pas trop les scents 
qui sont super forts. Je suis plutôt fruity, très léger. 
Alors pour toi, prendre 
soin de sa peau, ça représente quoi au-delà de l'esthétique? Je pense que c'est Ce qu'on voit en premier, c'est ton visage, ta peau. C'est important quand même. Donc il faut en prendre soin. 
Donc c'est au-delà de l'esthétique qu'on 
peut 
voir, 
c'est ce qu'on ressent à l'intérieur de nous-mêmes. Absolument. 
Absolument. C'était un plaisir. Merci, c'est toi qui as ouvert le bal. Merci d'avoir pris le temps. Tu 
es là pour quoi? Tu es là pour quelques jours? Quelques jours et je commence avec ma jolie Codou 
ce matin. Un honneur d'être 
ici. Merci de m'avoir invité. Merci à toi d'être là. Et bien 
sûr, parce que j'ai commencé, ton podcast va être successful. 
Exact. Exactly, exactly. 
Le parcours de Victorine montre qu'une marque de beauté africaine peut se structurer, se financer et s'imposer sur des marchés internationaux sans renier son identité. Si cet épisode t'a apporté de la valeur, pense à suivre Backstage Beauté, à nous laisser un avis et à partager autour de toi. C'est grâce à ça que l'on continue à faire exister ces conversations essentielles sur le business de la beauté. Merci d'avoir écouté et 

Podcasts we love

Check out these other fine podcasts recommended by us, not an algorithm.

Jigeenu Diaspora Artwork

Jigeenu Diaspora

Codou Diop